Charles Bell, chirurgien à Waterloo – Martine Devillers-Argouarc’h

Charles Bell, chirurgien à Waterloo
Charles Bell, chirurgien à Waterloo

DATE DE PARUTION : 07/05/2015
EDITEUR : Michalon
COLLECTION : Essai
EAN : 9782841867868
Caractéristiques :
RELIURE : Broché
NOMBRE DE PAGES : 432
POIDS : 0,458 Kg
DIMENSIONS : 15,5 x 23,9 cm
ILLUSTRATIONS : NC
LIVRE NUMERIQUE : Oui
À propos de l’auteur :
Martine Devillers-Argouarc’h est traductrice. Elle collabore régulièrement au magazine Historia.
Présentation de l’éditeur :
Dix jours à peine après la bataille de Waterloo, Charles Bell quitte l’Angleterre pour Bruxelles. Chirurgien, professeur d’anatomie doué pour le dessin, il est le premier à rejoindre un personnel médical dépassé par l’afflux des blessés, sans autre passeport que ses instruments de chirurgie. Charles Bell s’est distin- gué des autres chirurgiens britanniques par son choix de soigner les Français, dont les blessures étaient les plus graves puisqu’ils furent relevés les derniers sur le champ de bataille. Il fut le seul Britannique à écrire sur Waterloo autre chose que des des- criptions techniques d’ordre purement médi- cal. S’il fut au début très intéressé par la nature des pathologies des blessés, il changea rapide- ment de disposition, oubliant son objectif premier pour simplement soulager des hommes atteints dans leur chair et dans leur âme. En dessinant non seulement leurs blessures mais aussi l’expression de leur visage, il chercha à les comprendre, en particulier leur affection pour l’empereur Napoléon Bonaparte, que les Anglais connaissaient si mal.
Dans ce récit entièrement inspiré de faits et personnages réels, Martine Devillers-Argouarc’h, tout en offrant une magnifique reconstitution de Bruxelles au lendemain de Waterloo, fait revivre un homme de science peu banal qui, d’abord mû par son ambition, a fini par n’écouter que son humanisme.

Une réflexion sur « Charles Bell, chirurgien à Waterloo – Martine Devillers-Argouarc’h »

  1. Lorsque l’on croit tout savoir sur Waterloo, la bataille, la chute définitive de l’empire et la suite, l’on ne sait encore rien si l’on n’a pas lu l’événement à travers un autre prisme. Celui que nous apporte Martine Devillers Argouac’h est de ceux qui sont indispensables pour comprendre l’histoire, mais aussi la sociologie d’une armée, l’évolution de la science chirurgicale, ou encore la réalité de l’aristocratie anglaise ou de la bourgeoisie bruxelloise. Visiblement un long travail de recherches, de vérifications et de recoupement a été fait, aux meilleures sources, pour nous transmettre non seulement la vision de Charles Bell, ce chirurgien anglais volontaire pour aller panser les blessés des deux camps, mais aussi les réalités multiples et complexes que révèle cette bataille « historique » s’il en fut. Ici nous trouvons une plume qui sait traiter avec réalisme et pudeur les horreurs des lendemains de guerre où il n’y a en fait, ni vainqueurs ni vaincus, mais des blessés, des gisants, des agonisants et des amputés de leurs membres, amputés à vie de leurs espoirs, amputés de leurs rêves. Ici défile, aussi bien que chez Giono, le « grand troupeau » de ceux qui perdront tout dans cette autre « grande guerre ».
    Dans ce récit, grâce, à une belle et sensible écriture, nous rencontrons une multitude de personnages et d’anecdotes qui nous éclairent sur bien des points. La fidélité des grognards à leur Empereur. La légèreté d’une haute société anglaise qui « tient bal » à la veille du 18 juin 1815 à Bruxelles, à quelques encablures de ce qui sera le lendemain le plus grand champ de bataille du XIXème siècle. Sur la chirurgie et les progrès, triste paradoxe, qu’elle peut faire en de telles circonstances. Ou encore, sur la société anglaise qui, loin d’une vision manichéenne souvent véhiculée, ne détestait pas en bloc, la France, les Français, leur révolution et leur Empereur. Charles Bell, en est un exemple, qui avec humanisme, se penche sur les corps dévastés des combattants, quels que soient leurs nationalités. Venu pour voir, pour développer son savoir médical, il finit par enrichir en fait son savoir sur l’homme ses grandeurs, ses générosités mais aussi ses douleurs et ses désespoirs.
    C’est tout l’art qu’il y a dans cet ouvrage qui ne se contente pas de nous faire connaître les faits, mais nous fait ressentir au plus profond ce qu’il y d’humain derrière le sombre tableau de William Turner qui illustre la couverture du livre. Un ouvrage à recommander à tous ceux qui recherchent d’autres prismes pour observer et comprendre ce qui a fait, après Waterloo, notre Europe des XXème et XXIème siècles.

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