AccueilHistoirePersonnalitésAntoine-Charles-Louis de Lasalle (1775-1809) – Général de cavalerie

Antoine-Charles-Louis de Lasalle (1775-1809) – Général de cavalerie

par | 16 janvier 2026 | Histoire, Personnalités | 0 commentaires

Antoine-Charles-Louis de Lasalle (1775 – 1809),

Général de Cavalerie, Comte de l’Empire …

« Tout hussard qui n’est pas mort à trente ans est un jean-foutre ! » Cette phrase, lancée avec une insolence sublime, résume à elle seule la vie incandescente du Général Antoine Charles Louis de Lasalle. Figure de proue de la Grande Armée, il fut le « Généralissime des Hussards », un homme pour qui la guerre était un art, et la vie un défi permanent à la mort. De l’audace folle de Rivoli au coup de bluff légendaire de Stettin, découvrez le portrait de celui que Napoléon considérait comme le plus grand officier de cavalerie de son temps.

Repères biographiques

Nom complet Antoine Charles Louis de Lasalle
Titre(s) Comte de l’Empire (1808)
Naissance 10 mai 1775 (Metz)
Décès 6 juillet 1809 (Wagram, Autriche)
Origine Petite noblesse d’Ancien Régime
Fonctions clés Général de division, Commandant de la « Brigade Infernale »
Surnoms Le Généralissime des Hussards, le Centaure
Postérité Légende de la cavalerie légère, buste à la galerie des Batailles de Versailles

Chronologie et dates clés

Année Événement majeur
1791 Sous-lieutenant au régiment de chasseurs à cheval (début de sa légende).
1797 Exploit à Rivoli : il capture un régiment entier et reçoit ses galons de chef de brigade.
1798 Campagne d’Égypte : il s’illustre aux Pyramides et à la bataille de Saléhieh.
1800 Nommé Général de brigade après la bataille de Marengo.
1806 Création de la Brigade Infernale et reddition incroyable de la forteresse de Stettin.
1807 Promu Général de division après les campagnes de Prusse et de Pologne.
1808 Envoyé en Espagne, il brise les lignes espagnoles à la bataille de Burgos.
1809 Héros de la cavalerie à Essling, il tombe au combat à Wagram le 6 juillet.

Parcours et Faits d’Armes

  • Le jeune aristocrate patriote (1791) : Né dans la noblesse, il embrasse la Révolution avec fougue. Officier de cavalerie dès 16 ans, il est brièvement destitué en raison de ses origines avant de s’engager comme simple cavalier pour regagner ses galons par le fer.
  • L’insolence de Rivoli (1797) : Durant la campagne d’Italie, il mène une charge si furieuse qu’il capture un régiment autrichien entier. Présentant les drapeaux ennemis à Bonaparte, ce dernier lui lance : « Couche-toi sur ces drapeaux, Lasalle, tu l’as bien mérité ! »
  • Le « Centaure » d’Égypte (1798) : Il devient une figure de légende dans le désert. Aux Pyramides comme à Saléhieh, il combat au premier rang, sabrant avec une virtuosité qui force l’admiration des Mamelouks. C’est là qu’il forge son image de hussard invincible à la pipe inséparable.
  • Le rempart de Marengo (1800) : Sa conduite héroïque lors de la seconde campagne d’Italie lui vaut d’être nommé Général de brigade à seulement 25 ans. Il incarne désormais la jeunesse dorée et héroïque de la cavalerie légère.
  • La Brigade Infernale (1806) : À la tête de sa célèbre « Brigade Infernale », il harcèle les débris de l’armée prussienne après Iéna. Il impose un rythme de poursuite infernal qui désorganise totalement l’ennemi.
  • Le coup de bluff de Stettin (octobre 1806) : Son plus grand exploit psychologique. Avec 500 hussards, il fait capituler une forteresse de 5 000 hommes lourdement armés en leur faisant croire qu’il est soutenu par une armée entière. Un exploit unique dans les annales militaires.
  • Le choc d’Heilsberg (1807) : Durant la terrible campagne de Pologne, il sauve la vie du Maréchal Murat, avant que celui-ci ne lui rende la pareille quelques minutes plus tard. Cette fraternité d’armes sous la mitraille cimente sa réputation de « Généralissime des Hussards ».
  • L’ouragan en Espagne (1808) : Nommé Général de division, il brise les lignes espagnoles à Burgos. Partout où la situation est critique, Napoléon l’envoie pour « nettoyer » le terrain grâce à la vitesse et au choc de ses escadrons.
  • Le pressentiment de Wagram (juillet 1809) : Le matin de la bataille, il trouve dans ses bagages sa pipe brisée et le portrait de sa femme cassé. Il confie à ses officiers : « Je ne survivrai pas à cette journée. »
  • La mort à trente-quatre ans (6 juillet 1809) : Fidèle à sa propre prophétie, il mène une ultime charge contre les carrés autrichiens à Wagram. Une balle le frappe en plein front. Il meurt à l’apogée de sa gloire, pleuré par toute la Grande Armée et par l’Empereur lui-même.

Documents & Iconographie

Illustration de JOB montrant le général Lasalle chargeant à la tête de ses hussards, sabre au clair et criant des ordres, lors de la campagne de 1806.

Le général Lasalle et sa « brigade infernale » à Prenslow, le 28 octobre 1806

Cette illustration de JOB (Jacques Onfroy de Bréville) saisit l’instant précis où le commandement devient une force de la nature.

L’iconographie du chef : Lasalle est représenté au paroxysme de l’action. La bouche ouverte, le regard tourné vers ses hommes, il n’est plus seulement un général, il est le cri de ralliement de ses hussards.

La posture technique : Tandis que sa main gauche maîtrise la bride de son cheval lancé au galop, son bras droit brandit vers le ciel le célèbre sabre courbe de la cavalerie légère, symbole de la fureur des charges de l’Empire.

Le mouvement : JOB excelle ici à montrer le contraste entre la discipline de la « Brigade Infernale » qui suit et l’énergie brute de son chef qui semble littéralement emporter le spectateur dans son sillage.

Tableau d'Édouard Détaille représentant le général Lasalle chargeant à la bataille de Wagram en 1809.
Le général Lasalle chargeant à Wagram, le 6 juillet 1809, juste avant d’être tué

Cette œuvre du célèbre peintre d’histoire Édouard Détaille (1848-1912) nous transporte au cœur de la fournaise du 6 juillet 1809. Elle offre un contraste saisissant avec l’image de la « Brigade Infernale ».

L’imminence du drame : Détaille, réputé pour son extrême précision, saisit Lasalle dans les derniers instants de sa vie. On y retrouve son intrépidité habituelle, mais l’atmosphère saturée de fumée et la densité de la mêlée annoncent l’issue tragique de la journée.

Le commandement par l’exemple : Tout comme dans l’illustration de JOB, Lasalle est en pointe, le bras levé, guidant ses cavaliers vers les lignes autrichiennes. C’est cette volonté de toujours « être le premier » qui fera dire à Napoléon qu’il était le plus grand officier de cavalerie.

Un destin accompli : Cette image immortalise la fin de celui qui ne voulait pas être un « jean-foutre » en dépassant les trente ans. Elle clôt magnifiquement la galerie de portraits d’un homme qui vécut comme il chargeait : à bride abattue.

Le saviez-vous ?

Le « Cercle des Altérés » : Lasalle avait fondé une association de bons vivants au nom évocateur : le « Cercle des Altérés ». La seule condition pour y être admis ? Être capable de boire plus que le général et ne jamais reculer devant une charge ou un flacon. C’était le reflet de sa philosophie : vivre vite et sans retenue.

La Pipe « à la Lasalle » : Véritable icône du hussard, il ne se séparait jamais de sa pipe, même au plus fort de la mitraille. On raconte qu’il l’utilisait pour garder son calme et montrer son mépris du danger à ses hommes. La légende veut que le matin de sa mort à Wagram, il ait trouvé sa pipe cassée dans ses bagages, y voyant le signe certain de sa fin prochaine.

Un « Jean-foutre » à 30 ans : C’est à lui que l’on doit la célèbre phrase : « Tout hussard qui n’est pas mort à trente ans est un jean-foutre ! ». Ironie de l’histoire, il est mort à 34 ans, ayant « échoué » de peu à sa propre règle, mais étant entré dans l’immortalité bien avant d’atteindre la vieillesse qu’il redoutait tant.

Le respect des Mamelouks : Lors de la campagne d’Égypte, sa virtuosité au sabre était telle que les Mamelouks, pourtant cavaliers d’élite et redoutables guerriers, l’avaient surnommé le « Centaure ». Ils voyaient en lui l’égal de leurs meilleurs combattants, un honneur rare pour un « Franjy » (Français).

Postérité & Hommages

Le nom de Lasalle ne s’est pas éteint à Wagram ; il est devenu le symbole même du panache français et de la cavalerie légère.

Le regret de l’Empereur : Napoléon, profondément affecté par sa perte, fit ériger une statue du général sur le pont de la Concorde à Paris (aujourd’hui à Versailles). Il dira plus tard à Sainte-Hélène que Lasalle était l’un des rares chefs capables de commander une armée entière après avoir mené une charge de cavalerie.

La Galerie des Batailles : Son buste en marbre occupe une place de choix dans la célèbre galerie du Château de Versailles, rappelant aux visiteurs que l’Empire fut aussi une épopée portée par une jeunesse impétueuse.

L’hommage des militaires : Aujourd’hui encore, la figure de Lasalle est vénérée dans les régiments de cavalerie (notamment au 1er régiment de hussards parachutistes). Son nom a été donné à des casernes, à une promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1979-1981) et son portrait orne toujours de nombreux mess d’officiers.

Culture populaire : On retrouve l’ombre de Lasalle dans la littérature (le colonel Chabert de Balzac ou les récits de Conan Doyle avec le brigadier Gérard) et au cinéma, où son allure et son insolence ont inspiré de nombreux personnages de hussards.

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📖 Livre : « Les Hussards : Tome 1, De l’Ancien Régime au Consulat » par André Jouineau – Un ouvrage magnifique pour les passionnés d’uniformologie. Il permet de comprendre visuellement pourquoi Lasalle et sa « Brigade Infernale » marquaient tant les esprits sur le champ de bataille.
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Sources & Références

# Image d’en-tête : Portrait du général comte Antoine Charles Louis de Lasalle, huile sur toile d’Antoine-Jean Gros, Musée de l’Armée (Invalides).
# Napoleon.org : Fiche biographique de la Fondation Napoléon (Antoine Charles Louis, comte de Lasalle, 1775-1809).
# Dictionnaire Napoléon : Sous la direction de Jean Tulard (Éditions Fayard), entrée « Lasalle ».
# Service Historique de la Défense (SHD) : Dossier de l’officier général Lasalle (Vincennes).
# Iconographie : Wikimedia Commons (Fonds Jacques Onfroy de Bréville dit JOB et Édouard Détaille).
# Les Fastes de la Gloire : Notices historiques sur les généraux et maréchaux de l’Empire (Éditions d’époque).

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